Energies renouvelables

Figeac  

À Figeac, les agriculteurs misent sur l'énergie verte

Depuis presque 10 ans, les énergies renouvelables s'invitent à la ferme dans la région de Figeac,  grâce à l'investissement d'une coopérative agricole. Des revenus complémentaires pour les agriculteurs, le maintien et la création de nouvelles activités sur le territoire : la stratégie s'est avérée payante.

Soleil, vent, bois, mais aussi bientôt les effluents d'élevage, sans oublier les économies d'énergie : en presque 10 ans, Fermes de Figeac a diversifié son activité classique de coopérative agricole en cherchant à valoriser tous les gisements d'énergies non fossiles présents sur le territoire. L’activité d’ingéniérie et d'animation de projets énergétiques emploie aujourd’hui une dizaine de personnes au sein de la coopérative.

Des toitures photovoltaïques mutualisées

C'est avec le photovoltaïque que l'aventure a commencé, par la création d'une société dédiée, Ségala agriculture et énergie solaire (SAES). Sa raison d'être : mutualiser l'investissement dans des centrales solaires photovoltaïques installées sur les toitures de bâtiments agricoles. La mutualisation des charges et des produits (la vente de l'électricité à EDF) permet d'obtenir un financement à 100 % par les banques. Pour les agriculteurs c'est la garantie d'un revenu régulier. « Sur le long terme, le photovoltaïque aide à financer les bâtiments d'élevage ; dans la période de crise que les éleveurs traversent, c'est une ressource locale qui permet de diversifier les revenus agricoles », explique Laurent Causse, responsable du service énergie de Fermes de Figeac. La première opération, lancée en 2008, conduit les 110 agriculteurs, associés fondateurs de la société par actions simplifiée SAES, à investir 34 millions d’euros, dans un parc photovoltaïque réparti sur 190 bâtiments agricoles et représentant 7 MWcrête de puissance installée. En 2013, une deuxième opération, calquée sur le même montage, se traduit par l'installation de 140 centrales de 9 kWc (60 m² par bâtiment) et 200 projets de ce type sont en cours d'instruction pour une troisième opération collective. La dernière opération en phase de lancement vise, grâce au photovoltaïque, à faciliter l’acquisition de nouveaux bâtiments agricoles par les agriculteurs. Elle fera appel cette fois à l'épargne citoyenne pour compléter le financement.

Un parc éolien citoyen

Le modèle citoyen et participatif a également été privilégié dans le projet de parc éolien de la Luzette, premier parc éolien du département, qui sera mis en service en juin 2016. Sept éoliennes pour une puissance totale de 14 MW devraient produire l'équivalent de la consommation électrique de 40 000 personnes, hors chauffage. « C'est le fruit d'un grand travail d'animation du territoire. Les habitants soutiennent le projet et nous avons observé une mobilisation citoyenne plus forte que prévue. Il y a une volonté de participer à des projets locaux », souligne Laurent Causse. La coopérative, deux communes et un collectif de 180 citoyens sont actionnaires du parc éolien à hauteur de 40 %, soit un apport de 2 millions d'euros. La société Valorem, développeur du parc, est propriétaire des 60 % restants.

Du bois énergie coopératif

Le développement d'une filière bois énergie locale fournit un autre exemple de la démarche mutualiste appliquée à la production d'énergie. La société coopérative d'intérêt collectif Bois énergie Lot a été créée par Fermes de Figeac pour investir dans l'installation de chaufferies bois et vendre de la chaleur renouvelable à des établissements locaux dans un partenariat de longue durée. « De par la structure coopérative, les bénéficiaires font partie de la société au même titre que les producteurs de bois. Ensemble, ils définissent les conditions de vente de cette énergie de façon à être compétitif dans la durée par rapport aux énergies fossiles et à valoriser une production locale de bois. Cette filière est intéressante pour l'animation locale : l'installation des chaudières, le transport du bois, son déchiquetage en plaquettes, tout est fait par des acteurs locaux » indique M. Causse. Une quinzaine de chaufferies sont actuellement en projet dans des écoles, les maisons de retraite, de petits groupes d’habitations ou des entreprises.

Un territoire plus solidaire

Les nouveaux chantiers ne manquent pas pour la branche énergie de la coopérative. Elle s'est lancée dans l'accompagnement de petits groupements d'éleveurs dans des projets de méthanisation pour valoriser leurs effluents d'élevage. Trois groupements se sont déjà engagés dans cette démarche. Enfin, elle a entrepris d'encourager la rénovation énergétique des logements. « Notre rôle est celui d'un ensemblier, qui réunit plusieurs artisans locaux – maçons, menuisiers, chauffagistes – pour proposer aux particuliers des solutions techniquement et économiquement optimisées ; il comprend aussi la recherche de financements », explique M. Causse.

Le bénéfice de toutes ces actions ne fait aucun doute pour lui : « Grâce aux énergies renouvelables, les exploitations deviennent plus équilibrées économiquement, cela les rend plus attractives pour les futurs repreneurs ». Ces activités dans le domaine de l'énergie s'ajoutent aux autres initiatives de la coopérative en matière de circuits courts alimentaires ou encore d'économie sociale et solidaire, pour renforcer les liens et les échanges entre acteurs locaux et favoriser l'émergence d'actions communes au profit de tous. Ainsi une crèche inter-entreprises et une conciergerie devraient prochainement offrir leurs services aux habitants du territoire. 

La coopérative Fermes de Figeac est située sur le territoire du Grand Figeac, lauréat de l'appel à projets Territoires à énergie positive pour la croissance verte.

 

 

 

 

Crédits photo : Fermes de Figeac

  • Fermes de Figeac


  • Lot

Ces actions peuvent aussi vous intéresser